Vous avez fini votre manuscrit. C'est la partie difficile, et elle est derrière vous.
Reste une étape dont personne ne parle avant de s'y heurter : transformer un fichier Word en un livre qu'Amazon accepte d'imprimer et qu'un lecteur accepte de lire. Ce n'est pas une formalité, et ce n'est pas une question de goût. C'est une liste de contraintes précises, dont la plupart ne se voient qu'une fois le livre imprimé — c'est-à-dire trop tard.
Voici les points où les fichiers échouent le plus souvent.
1. La gouttière : la marge dont personne ne parle
Sur un livre imprimé, la marge intérieure — la gouttière — n'est pas la même que la marge extérieure. Il faut compenser la reliure, sinon le texte se perd dans la pliure.
Et cette marge n'est pas fixe : Amazon exige qu'elle grandisse avec l'épaisseur du livre. Un livre de 120 pages demande 9,6 mm ; un livre de 750 pages en demande 22,3. Entre les deux, il y a cinq paliers.
| Nombre de pages | Gouttière minimale exigée |
|---|---|
| Jusqu'à 150 | 9,6 mm |
| 151 à 300 | 12,7 mm |
| 301 à 500 | 15,9 mm |
| 501 à 700 | 19,1 mm |
| 701 et au-delà | 22,3 mm |
C'est le genre de règle qu'on ne peut pas deviner, et qu'un gabarit générique ne peut pas respecter, puisqu'il ne sait pas combien de pages fera votre livre.
La gouttière est calculée sur le nombre de pages réel de votre livre, d'après la table officielle d'Amazon. Si votre livre change de palier, la mise en page est reprise pour respecter le nouveau.
2. Le nombre de pages a une limite, et elle dépend du format
Amazon refuse d'imprimer au-delà d'un certain nombre de pages, et ce plafond change selon le format et le papier : 828 pages en encre noire sur papier blanc, 590 seulement en 8,5 × 11 pouces.
Un auteur qui découvre ça au moment du téléversement a déjà tout fait. Il lui reste à recommencer.
Vous êtes prévenu avant, en fonction du format que vous avez choisi. Et depuis peu, réduire légèrement le corps du texte suffit souvent à repasser sous la limite sans rien réécrire.
3. Les veuves et les orphelines
Une ligne seule en haut d'une page, un titre isolé en bas d'une autre. Ça n'empêche rien techniquement, et pourtant c'est le premier signe qu'un lecteur perçoit — sans savoir le nommer — quand un livre n'a pas été composé.
Les chasser à la main sur trois cents pages est un travail de fourmi, et chaque correction en déplace d'autres.
C'est traité à la composition, sur tout le livre, sans intervention.
4. La typographie française
Les guillemets français, les apostrophes courbes, les espaces insécables avant les deux-points et les points-virgules, les tirets cadratins de dialogue, l'espace fine avant le point d'interrogation.
"Vous partez déjà ?"
- Peut-être.
« Vous partez déjà ? »
— Peut-être.
Un traitement de texte sait faire tout cela — à condition de le maîtriser, et de n'en manquer aucun sur trois cents pages. C'est là que se joue la différence : pas dans la capacité, dans la constance.
Ce sont des règles, pas des jugements. Elles sont appliquées partout, sans exception, et sans qu'on vous demande de les connaître.
Le sujet mérite à lui seul un article : nous l'avons détaillé dans la typographie française en autoédition.
5. La table des matières paginée
Une table des matières qui renvoie à des numéros de page ne peut être construite qu'une fois le livre composé — puisque les numéros n'existent pas avant. Toute correction ultérieure la périme.
Elle est générée à partir de la structure réelle du livre fini, et refaite à chaque recomposition.
6. Les notes de bas de page
C'est un des premiers endroits où un gabarit lâche. Une note doit apparaître au bas de la page où elle est appelée — pas trois pages plus loin, pas rejetée en fin de chapitre.
Composées à la française : appel en exposant, note au bas de la bonne page, alinéa d'un cadratin. Sur tous les genres, et sans supplément.
7. Le format : dix-sept, pas un
Un roman ne se compose pas comme un manuel. Un recueil de poésie n'a pas les mêmes marges qu'un guide pratique. Et le format que vous choisissez commande tout le reste : marges, corps du texte, longueur de ligne.
Dix-sept formats conformes aux exigences d'Amazon, mesurés au centième de millimètre, dont huit disponibles sans abonnement.
Pour le choix du format lui-même, et tout ce qui en découle, voyez notre guide complet de la mise en page pour Amazon KDP.
8. La longueur de ligne
Une ligne confortable compte entre 60 et 75 signes. Au-delà de 90, l'œil perd la ligne en revenant à la marge, et la lecture fatigue sans qu'on sache pourquoi.
C'est le piège des grands formats : plus la page est large, plus la ligne s'allonge, et plus il faut resserrer le bloc de texte ou grossir le caractère.
Chaque format a ses réglages propres, calculés pour qu'aucun ne dépasse la plage confortable — quelle que soit la largeur de la page.
9. Le corps du texte — et les éditions en gros caractères
La taille du texte n'est pas qu'une affaire de confort. C'est aussi un marché : les éditions en gros caractères sont très demandées et peu servies.
Vous réglez le corps du texte, la taille des titres et celle des sous-titres, chacun dans des bornes qui empêchent toute combinaison illisible. De quoi publier une seconde édition en gros caractères à partir du même manuscrit.
10. Le fichier de sortie
Amazon attend un PDF avec les polices embarquées, prêt pour l'impression — pas une suite d'images de pages, pas un fichier dont les polices se substituent chez l'imprimeur.
PDF vectoriel, polices embarquées.
Ce qui compte le plus : voir avant de payer
Tous ces points ont un point commun : ils ne se constatent qu'une fois le livre composé. C'est ce qui rend l'achat inconfortable — on paie une mise en page avant de savoir ce qu'elle donne.
Chez LivraTix, l'ordre est inversé.
Vous déposez votre manuscrit, sans créer de compte et sans carte bancaire. Le livre entier est composé — pas un extrait, pas une simulation — et vous le regardez page après page. Vous changez de format, de police, de taille, vous recomposez autant de fois que nécessaire. Vous corrigez votre texte dans Word et vous redéposez, gratuitement, sans limite.
Vous ne payez qu'au téléchargement, quand le livre vous convient.
L'aperçu que vous regardez n'est pas une autre version de votre livre : c'est le fichier final lui-même, photographié page par page et filigrané. Débloquer retire le filigrane ; rien n'est recomposé. Même pagination, mêmes césures, au caractère près.
Trois choses que nous ne faisons pas
Autant les dire ici plutôt que de vous les laisser découvrir.
La couverture n'est pas incluse. LivraTix compose l'intérieur de votre livre.
Le livrable est un PDF pour l'impression. La version numérique est en préparation.
Il y a une limite haute au-delà de laquelle un manuscrit ne passe pas — mais elle est loin : nous composons sans peine des livres de plus de 780 pages, et la plupart des romans en font moins de la moitié.
Et votre manuscrit ?
Personne ne l'ouvre. La composition est automatique du dépôt jusqu'au PDF — c'est un vrai écart avec un maquettiste indépendant, chez qui une personne lit nécessairement votre livre en entier pour faire son travail.
Il n'est lu par aucun modèle, il n'entraîne aucune intelligence artificielle, et il est supprimé dès que vous le demandez.
C'est une conséquence du métier. Composer un livre, c'est appliquer des règles. Une intelligence artificielle aurait raison la plupart du temps — et en typographie, « la plupart du temps » porte un autre nom : ça s'appelle une coquille. Sur trois cents pages, un pour cent d'erreurs, c'est trois pages fausses.
Combien de temps, combien d'argent
Une minute pour un roman de trois cents pages. Huit secondes pour un livre de cinquante.
Zéro euro pour composer, regarder, corriger et recomposer autant de fois qu'il le faudra. Vous ne payez qu'au moment de télécharger votre livre : voir les tarifs.
Voyez votre livre avant de payer
Déposez votre manuscrit et regardez le livre entier composé aux normes Amazon KDP — page après page, gratuitement.
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